Le Cinema est-il Occitan ?

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Il y a aujourd’hui dans le sud de la France des émissions de radio en occitan (sur Radio Occitanie à Toulouse) ainsi que sur

d’autres radios locales), des émissions de télévision (sur France 3 sud), et depuis toujours des chansons en occitan, du théâtre,

Mais existe-t-il un Cinéma en occitan ? ou plutôt un Cinéma Occitan ?

La réponse se trouve à la bibliothèque de la cinémathèque de Toulouse dans un ouvrage de Francis Fourcou, lui-même réalisateur de cinéma notamment de : « Prison de Perpignan », film tourné en 1997. « Filmographie Occitane ».

Dans cet ouvrage « Filmographie Occitane » rédigé par Francis Fourcou sous les auspices de Tecimeoc, l’association pour la défense et la promotion de la télévision, du cinéma et des médias en Occitanie, on n’y découvre pas moins de 900 documents répertoriés par ordre alphabétique de réalisateur ou de producteur, films réalisés en 16 mm, 8 mm ou vidéo sur des thèmes aussi variés qu’intéressants comme : « Le carnaval en Languedoc » de .L. et M. Marne tourné en langue d’oc en 1980, «  Le récit d’un chasseur » d’Yves Boulle en 1976, « Li Flour de Claujo » de Paul Carpita en 1974, ainsi que «  Les maîtres sont partis » de Louis Gros en 1957 et ce film en noir et blanc « Rosina et Martina de Piere », ces deux voix magnifiques porteuses de la tradition toulousaine.

L’auteur de cet ouvrage nous rappelle que le cinéma Occitan, est né avec le Cinéma. Qui ne se souvient de « L’entrée en gare d’un train à la Ciotat » film, il est vrai, au cadrage surprenant qui effraya tant de spectateurs en 1896.

L’Occitanie et la Ciotat, puis Lyon devinrent donc les premiers décors du cinématographe naissant, Pays de lumière, l’Occitanie allait rapidement de venir le berceau d’un art balbutiant et y donner un développement industriel.

Entre beaucoup de figures, celle de Louis Feuillade, né à Lunel en 1873 dont la carrière, marquée par le film à épisodes eut un cadre surtout parisien. Toutefois « Vendémiaire », film patriotique, tourné à Lunel et qui parlait de l’hécatombe de 14-18 reste un « chef d’œuvre de réalisme poétique ». L’occitanité de Feuillade, il faut malgré tout la chercher ailleurs, dans ses personnages où il repeint toute son enfance, les noms de ses personnages étaient souvent empruntés à la langue occitane, dans l’adaptation de « Mireille » de Mistral qu’il fit avec Alice Guy Blaché, et dans une quarantaine de bandes comiques qu’il tourna entre 1910 et 1914.

L’autre personnage est quasi inconnu, et pourtant son apport à l’industrie cinématographique fut immense. Il s’agit de Pierre Victor Continsouza né en Corrèze au milieu du XIXème siècle. Pierre Victor Continsouza, nous apprend Francis Fourcou, a déposé en 1896 un brevet traitant de l’application de la croix de Malte à l’entraînement des projecteurs cinématographiques.

Absorbé par l’industrie cinématographique parisienne Pierre Victor Continsouza fut l’exemple même d’une industrie née en pays occitan et récupéré par l’entrisme national des Frères Gaumont ou de Charles Pathé.

En 1908, les usines Pathé-Continsouza produisaient 6000 projecteurs par an livrés dans le monde entier (ils équipaient la majorité des salles européennes et américaines). Le système Continsouza d’entraînement à la croix de Malte équipe encore la plupart des projecteurs 35 m/m.

Ces deux hommes résument bien le poids du centralisme dans le cinéma. Il faudra attendre Pagnol pour voir ressurgir une production qui, comme l’affirme Orson Welles, en étant régionaliste est réellement novatrice.

Cette filmographie occitane de Francis Fourcou, qui a le mérite d’exister, a essayé de faire le point sur ce qui a été fait jusqu’en 1982., Elle demande aujourd’hui une utile mise à jour, comme signe du renouveau et de la créativité des réalisateurs et producteurs travaillant en Occitanie.

David Gérard.

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